Concilier art et architecture
Portant le nom de l’artiste peintre Farid Benyaa, la galerie
d’art située à Bir Mourad Rais abrite les
tableaux de ce dernier, propriétaire de l’espace
artistique. Un lieu de rencontre qui se veut convivial et que
compte ouvrir l’artiste pour les jeunes plasticiens.
Architecte de son état, Farid Benyaa n’a de cesse
depuis sa prime enfance, de cultiver son violon d’Ingres,
en l’occurrence l’art pictural.
Diplômé de l’EPAU, il travailla dans la restauration
de la Casbah dans les années 1980. Son amour grandissait
pour ce haut lieu ancestral qui lui permit de s’exprimer
et d’immortaliser les dédales de cette citadelle
séculaire à travers l’art plastique. Il aiguisa
son talent en faisant sienne la technique mixte qui s’appuie
sur le graphisme à l’encre de chine, le marqueur,
l’aérosol et la peinture à l’eau concentrée
qui donne des effets particuliers.
Chemin faisant l’artiste Benyaa s’attelle à
concilier, en vases communiquant, art et architecture pour dire,
témoigner et magnifier les racines d’une culture
aussi profonde que féconde : venelles de l’antique
Casbah, femmes de différentes régions que rehaussent
les atours du terroir, le bivouac dans l’Atakor, cette immensité
du Sud algérien féerique qui enlace l’homme
bleu et son binôme dans leur environnement chargé
de complicité, de sérénité, de sagesse
…
Choisissant des supports métalliques ou en bois, la palette
d’œuvres présentée par l’artiste
dénote la sensibilité plastique dans les thèmes
délivrent une puissance dans l’expression qu’amadoue
l’aspect feutré des couleurs. Une production picturale
marquée « de fiche signalétiques » telles
les figurines qui semblent refuser l’évanescence,
voire l’effacement d’une culture plurielle. Cela renseigne-t-il,
quelque part aussi, sur le souci de parfaire l’image de
l’architecture urbanistique appelée à être
en symbiose avec l’environnement tout en se défaisant
de l’aspect agressif.
Si Farid Benyaa s’investit dans le figuratif en conférant
à ses réalisations une technique à l’aspect
feutré, ses méninges ne le taquinent pas moins en
l’invitant à s’exprimer à travers la
variante de l’art abstrait où les lignes, les formes,
et les couleurs vives illustrent le perpétuel mouvement
de son monde intérieur et reflètent les volutes
sonores de son moi.
Madjid Tchoubane
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